Les merveilles architecturales des maîtres bâtisseurs égyptiens et tout ce que le monde industrieux a construit de murs, y compris la Tour de Babel, font pâle figure devant la demeure de la Nazaréenne. Cela fait plus de mille sept cent ans que saint Joachim l’a reçue en héritage. Malheureusement, je ne peux dire combien de temps s’est écoulé depuis sa construction, et il n’a pas été possible de découvrir qui avait affirmé qu’il s’agissait de la plus ancienne maison du monde. Ici, les pieux chrétiens recherchaient les trésors célestes comme si, à l’image des pierres aimantées attirées par les deux principaux astres célestes, ils étaient attirés du monde entier vers cet endroit par Jésus et Marie. Il n’y avait d’autre raison à cela que la volonté de leur cœur d’être près de leurs trésors véritables, Jésus et Marie.
(a) Gabriel, un des Sept qui se tiennent devant le visage de Dieu et protecteur de cette maison, ne voulait plus laisser cet écrin à l’hérésie mahométane, car ses adeptes récompensaient la pieuse foi des pèlerins par la mort. C’est pourquoi il conçut le projet de transporter ailleurs cette église (en effet, cela faisait longtemps que les saints Apôtres avaient transformé la maison en église). Comme ce n’était pas un secret, les autres esprits célestes, auxquels les meilleures parties de la Terre avaient été confiées par Dieu, eurent vent de ce dessein. Il en naquit parmi les anges une discussion, qui resta cependant toute amicale. Chacun des protecteurs des quatre parties de la Terre désirait attirer chez lui ce trésor, mais tous finirent par s’accorder sur l’Europe en raison de la pérennité de la foi dans cette partie du monde. Il s’ensuivit toutefois une querelle entre les anges des différents pays de ce continent. Le royaume de France rappelait qu’il était le tout premier Etat de l’Eglise. L’Espagne, la Catholique, ne se contentait pas d’espérer mais jugeait que les anges ne feraient que leur devoir en portant la sainte demeure en Espagne, d’autant plus que le royaume avait un brillant avocat, connu de la maîtresse de maison. Il s’agissait de saint Jacques le Majeur, qui avait érigé en la ville de Caesar Augusta une image à Marie du vivant de la Mère de Dieu. Cette image est encore aujourd’hui agréable à Marie et le royaume en tire grande gloire. Le Saint-Empire mit en avant les richesses considérables et la grande puissance de la vaste Allemagne, ainsi que les honneurs princiers dont bénéficiaient depuis toujours les évêques dans l’Empire, contrairement aux coutumes en vigueur dans d’autres nations. Fut également mise en avant la dévotion dont les Allemands avaient de tout temps fait preuve de tout leur cœur envers la Mère de Dieu. Mais c’est l’Italie qui finit par l’emporter, car c’est là que se trouve la capitale de la Chrétienté.
Et c’est pourquoi la sainte maison fut séparée verticalement de ses fondations par la main des anges (il avait été ordonné de porter la maison sur les mains, afin de n’en abîmer aucune pierre). Elle couvrit 500 lieues au-dessus des flots et de la terre jusqu’en Dalmatie et fut déposée près de la ville de Trsat, non loin de la mer.
Voyez ce navire plus riche que tous les autres, chargé des trésors les plus précieux, bien plus heureux que l’Arche qui échappa au Déluge du péché et qui, comme on peut le voir, fut davantage utile aux animaux sans esprit qu’aux hommes. Un navire fut construit pour que les hommes fussent sauvés (Actes 27) mais il fallait qu’un homme meure pour que le navire lui-même fut sauvé (Jean 3). Ici, c’est le navire qui est conservé afin que les hommes ne s’éteignent pas.
Sur ce navire, la crainte de la perte du mât ou des voiles n’a pas lieu d’être. La Croix est le mât, faite non du bois de la science néfaste, mais de la Vie elle-même ; quant au manteau déployé de la Vierge, il fait mieux que mille voiles. De rames il n’est pas besoin, car ce vaisseau vogue dans les airs et, de plus, il n’est pas propulsé par les vents comme les autres navires, mais porté par l’Esprit qui, de tout temps, vogue vers nous au dessus des flots. Son ancre n’est autre que Marie la Dame du Navire, en qui réside l’ancrage de tout espoir.
Je crois que c’est le premier vaisseau qui, bien qu’il fût en pierre, ne tanguait pas, ne prenait pas l’eau et ne sombra pas dans les profondeurs. Afin que personne ne doute qu’il s’agissait en vérité bien d’un navire, il quitta les rives nazaréennes, mit le cap sur le port de Trsat et y accosta. Voici la flotte navale de l’Eglise : tout comme deux épées lui suffisent pour son armée de terre, elle ne demande pas plus de deux vaisseaux pour sa marine, c’est-à-dire le navire de Pierre de Bethsaïde et celui de Marie de Nazareth. Dans celui-ci voyagea la Mère, dans celui-là le Fils. Tous deux cinglent haut sur les mers, tous deux portent des pécheurs d’hommes. Dans celui-ci, ce sont les saints anges, dans celui-là les apôtres, eux-mêmes semblables aux anges. Ils lancent à droite le filet pour attraper les poissons et, si les filets du navire de Pierre attrapaient de gros poissons, ils n’en prirent que 153, alors que ceux du vaisseau de Marie attrapaient d’innombrables poissons d’une taille hors du commun. En outre, le premier péchait aussi des poissons vivants pour leur ôter la vie alors que le deuxième recherchait les morts et les égarés afin de leur rendre leur vie perdue.
Déplacée à quatre reprises, cette sainte maison ne put jamais s’installer très loin de la mer, ce qui s’explique par sa nature de navire. Et ce fut toujours près de la Mer Adriatique.
En ce temps là vivait à Trsat le comte Nicolas Frangipani. Après l’arrivée de la sainte maison et son identification, il envoya sans délai des hommes de confiance en Terre sainte afin de rechercher les fondations de l’édifice et vérifier son origine. L’honneur lui revient d’être considéré pour l’éternité comme le premier bienfaiteur de cette sainte maison. A la même époque, il fut appelé à de hautes fonctions. En effet, Rodolphe, comte de Habsbourg, aujourd’hui père de douze empereurs et lui-même déjà empereur romain à l’époque, lui confia les pays dalmates et wendes. Alors qu’il était encore comte, Rodolphe avait offert au Fils de la Vierge un cheval, en échange duquel la Vierge lui offrit sa maison. Et le Fils lui confia l’Empire romain (on l’espère et le souhaite) jusqu’à la Fin des Temps. Il ordonna que les aigles romains fussent désormais conçus en Autriche, comme cela a été le cas depuis quatre cents cinquante années. Chaque année de pieux hébergement offert à la sainte maison sur les terres autrichiennes fut récompensée par un siècle de dignité impériale. Après trois années et six mois de séjour dans le pays wende près de Trsat, la sainte maison fut transportée en Italie le 28 novembre ou – plus probablement – le 10 décembre de l’an du Seigneur 1294. Elle arriva dans une forêt fort sauvage sise près de la ville de Recanati, des lauriers de laquelle la Vierge tire son nom de Lorette. A cet endroit, on pouvait voir le lys croître sous les épines et le cèdre de la montagne du Liban y dialoguait avec le chardon d’Italie. Oui, on voyait là un paradis, en lequel ce n’était point un méchant ange que l’on rencontrait parlant de la Fin du Monde avec une vierge à peine moins coupable, mais un ange bienveillant échangeant des propos sur le salut avec la plus sainte des saintes. Dans les deux paradis vivaient un Adam et une Eve, les meilleurs d’entre les humains, et aussi Dieu, un ange et l’Esprit saint, mais de grandes différences existaient entre les deux.
On avait aussi l’impression que les enfants et petits-enfants de l’abominable Homme des Bois (dont parle saint Jérôme) qui vivaient dans cette forêt avaient appris que Dieu s’était aussi incarné pour le salut des hommes semblables aux animaux sauvages.
Je suppose que la sainte maison serait restée plus longtemps à cet endroit et qu’elle s’y trouverait peut-être encore si Gabriel n’avait pas remarqué qu’il avait choisi là un lieu encore moins approprié que celui que la maison occupait à Nazareth. En effet, alors qu’ils étaient là bas massacrés par les turcs, les chrétiens l’étaient ici tout aussi affreusement par leurs semblables. Voyant que les pèlerins trouvaient la mort à l’endroit où ils venaient chercher la vie, il emporta la petite église une troisième fois et l’installa sur une petite hauteur au milieu d’une belle prairie. Cependant, si, dans la forêt, la menace venait des meurtriers inhumains, cette colline connaissait l’absence de l’amour fraternel. En effet, deux frères (les seigneurs de la terre) volèrent l’argent des offrandes et se le partagèrent de manière si injuste qu’un fratricide ne fut évité que de justesse. Pour ces raisons, ce lieu perdit l’estime de Gabriel et la petite église fut élevée une quatrième fois dans les airs et déposée cette fois sur la route, afin que tout le monde puisse jouir de ce trésor, dont deux hommes n’avaient su se contenter.
Il est une chose que j’indique ici pour la première fois (du moins à ma connaissance), à savoir qu’il y a presque la même distance de Lorette à Rome (où est conservé le berceau de Jésus), que de Nazareth à Bethlehem.
(a) Au sujet des secrets de cette sainte maison, la bulle de Jules II indique que la Mère de Dieu y naquit et y fut élevée, qu’elle y fut saluée par l’archange Gabriel et qu’elle y reçut le Saint Esprit. De même, elle allaita et éleva Jésus dans cette maison. On y apprend aussi que les saints apôtres firent de cette maison la première de toutes les églises et y célébrèrent la première messe. Aux alentours de l’an du Seigneur 380, sainte Hélène fit construire une grande et riche église à son emplacement ; on peut lire cela chez Nicéphore, livre 9, chapitre 8. Comme l’écrit saint Jérôme, sainte Paule visita cette maison et selon Guillaume de Tyr, dans son livre 5, le duc de Normandie Tancrède lui rendit des honneurs royaux en l’an du Seigneur 1100. Jacques de Vitry, cardinal et patriarche de Jérusalem, raconte dans sa description de la Terre sainte comment il a de nombreuses fois célébré la messe dans cette sainte maison le jour de l’Annonciation. En l’an 1245, lorsque saint Louis, roi de France, vint visiter cette sainte maison, il descendit de cheval avant d’y arriver et fit le reste du chemin à pied. Et comme le relate Clitoveus chez Silvio Serraglio, il assista à la sainte messe et communia vêtu d’un sac grossier dans cette église lors de la fête de l’Annonciation, après avoir jeûné au pain et à l’eau.
(b) Avec la maison sont arrivés l’image sculptée de Marie et le crucifix peint, tous deux réalisés par saint Luc. Il y avait aussi de nombreuses coupes d’argile que la Mère de Dieu aurait utilisées. Le toit de bois était peint en bleu sur toute sa surface intérieure et décoré d’étoiles dorées. La maison n’avait alors qu’une seule porte, murée par Jules II avec les pierres laissées par le percement de deux nouveaux passages, mais dont l’emplacement reste visible. L’autel, qui se trouve à présent au milieu de la maison, était autrefois sur le côté. Le crucifix, installé aujourd’hui au-dessus de la fenêtre, se trouvait auparavant sur l’autel, en face de l’ancienne porte.
(c) Le Révérend Père franciscain Francisco Quaresimus de l’ordre de Saint François, 7 peregr. 3 r. 3 elucid. terrae sancta
Version allemande : « Wunderthaetiges Maria-Bild zu Loreth
[1] Schlecht werden geduncken alle Wunderwerck der Egyptischen Bawmaister, ja alles, was mit sampt dem Babylonischen Thurm die muehsame Welt von Maurwerck auffgefuehret, da man der Nazaretanischen Behausung zu red wird. Massen sie dann schon vor sibenzehenhundert unnd mehr Jahren in Erbschafft an den Heiligen Joachim kommen; wie lang sie zuvor erbawet worden, soll ich nit sagen. Gewisz ists, dasz nit ueberwisen kunte werden, welcher vorgebe, sie were das aeltiste under allen Haeusern der gantzen Welt. Allhie suchten und besuchten die [2] himmlischen Schaetz die andaechtigen Christen, als ob sie von JEsu unnd Maria ausz aller Welt hierzu gezogen wurden, gleich wie die irrdischen Magnetstein von den zween himmlischen Haupt-Sternen keiner andern Ursach halber, als damit ihr Herz bey ihrem Schatz JEsu und Maria waere.
(a) Gabriel, einer ausz den siben, so vor dem Angesicht Gottes stehen, und dises Hauses Gerhab und Vormunder, wollte der Mahometanischen Untrew so benante Schatz-Kammer nit laenger vertrawen, weil sie die frommen Pilger wegen ihres Glaubens mit dem Todt belohneten. Derowegen sie von Abfuehrung diser Kirchen (dann schon laengst die Heiligen Apostel dises heilige Hausz in ein Kirchen veraendert) ein Gedancken gefasset. (b) So ware diser wichtige Gedancken nit so verborgen, dasz ihne nit entdeckt und gespuert haben die andere himmlische Geister, [3] welchen von Gott die vornembste Theil desz Erdtkraisz anbefohlen seyn. Dahero dann under ihnen ein Streit, doch in aller Freundtschafft, entstanden. Ein jeder der vier Theilen der Welt verordneter Beschuetzer begunte disen Schatz an sich zuziehen, seynd doch letstlich alle wegen der Bestaendigkeit desz Glaubens Europae gewichen. So ist aber auch ein Streit vnder den Engeln der Europeischen Laendern endtstanden. Franckreich wolte vorgehen, als das erstgeborne Reich der Kirchen. Hispania, als das Catholische, hat nie gehofft, sonder geglaubt, es wurden die Engel darinn ihr Schuldigkeit thun, da sie die heilige Behausung in Hispanien wurden vertragen, sonderlich weilen das Reich einen wolberedten Advocaten hette, so auch der Frawen dises Hauses nit unbekandt, ja auch mit Siptschafft zugethon, den heiligen Jacobum und zwar den Groesseren, als [4] der ihr, da sie noch bey Leben, ein Bild auffgesetzt zu Caesar-Augusta, so bisz auff dise Zeit ihr angenemb und dem Koenigreich ruehmlich ist. Das Roemische Reich hat vorgewendet die maechtige Reichthumb unnd reiche Macht desz grossen Teutschlands und Fuerstliche Ehren, so von Alters hero wider anderer Nationen Gewonheit die Bischoeff geniessen, hat auch nit verschwigen die Andacht mit der die Teutschen der Mutter Gottes kindtlich und hertzlich zugethan seyn. Das Welschland, umb das sich darinn das Haupt der Christenheit befindet, hats erhalten.
Derowegen ist das heilige Hausz mittels der Englischen Haend (dann also ware befohlen, dasz sie es solten auff den Haenden tragen, auff dasz kein Stein verletzt wurde), von den Grund-Mauren winckelrecht abgerichtet, in einer Nacht bey 500 teutschen Meilen ueber Wasser unnd Land in Dalmatien ge- [5] tragen bey der Statt Tersact nit weit von dem Meer nidergelassen worden.
Sihe da, das reichiste und mit allen Schaetzen beladneste Schiff, so die Welt immer gesehen, weit glueckseliger als die Arch, so dem Suendflusz entrunnen, als welche mehr den unvernuenfftigen Thieren, wie es sich ansehen laszt, als dem Menschen zu Nutz verordnet worden. Es ist angestrammet (Act. 27) ein Schiff, damit die Menschen erhalten wurden. Es solte (Ionae. 3) zugrund gehen ein Mensch, damit das Schiff erhalten wurde, hie wird das Schiff erhalten, damit die Menschen nit zugrund giengen.
So ist auch kein Abgang desz Maszbaums und desz Segels, allweilen das Creutz verhanden, nit ausz dem Holtz der schaedlichen Wissenschafft, sonder desz Lebens, und der Frawen Mantel besser dann tausend Segel auszgespant ist. Der Ruder bedarff man nit, allwei- [6] len es fliegt; ja, was mehr ist, so ist es nit durch Wind wie andere Schiff getriben worden, massen es durch jenen Geist fortgebracht, welcher allzeit der Welt zu Nutz ob dem Wasser schwebt, auch keinen andern Grundhaggen nit gehabt als Mariam, desz Schiffs Fraw, als welche aller Hoffnung Grundthaggen ist.
Ich vermeine, es seye das erste Schiff, welches, ob es schon ausz Stein gebawet, doch nit schwancket, nit genetzt worden, nit dem Grund zugesuncken ist, ja damit niemand zweifflete, dasz es in Warheit ein Schiff seye, hat es von dem Nazaretanischen Gestatt abgestossen unnd ist in den Port zu Tersact angefahren unnd zugelendet. Disz ist die Schiff-Armee der Kirchen, welche gleich wie sie gnug hat an zwey Schwerteren fuer ein Armee zu Landt, also begehrt sie nit mehr als 2. Schiff fuer ein Armee zu Wasser, nemblich [7] das Schiff Petri von Bethsaida und das Schiff Mariae von Nazareth, in disem ist die Mutter, in jenem der Sohn gefahren. Beyde seglen in die Hoehe desz Meers, beyde fuehren Menschen-Fischer, dises die heilige Engel, jenes die Apostel, so den heiligen Englen gleich seynd, beyde werffen das Netz auff die rechte Hand zu dem Fischzug, doch mit disem Underschid, dasz jenes Petri zwar grosse, jedoch nur hundert unnd drey unnd fuenfftzig, dises aber Mariae uberausz grosse unnd unzahlbare Fisch einschlieszt und fahet, jenes auch lebendige Fisch fahet, ihnen das Leben zunemmen, dises aber den abgestandenen unnd todten nachstrebet, ihnen das velohrne Leben zugeben.
Es hat dises heilige Hausz, wiewol viermal versetzt, doch nie weit von dem Meer sich niderlassen koennen, weil es ein Schiff ist; unnd zwar allzeit an dem Ufer desz Adriatischen Meers, [8] unbeobachtet das grosse und das wilde Meer. (c)
Es ware dazumal Graff Niclas Frangipani zu Tersact. Diser, nach Ankunfft und Erkandtnusz desz heiligen Hauses, hat alsobald bewehrte Maenner in das heilige Land abgesandt, umb zuersehen den Grund der Mauren und der Warheit. Und also erworben zu ewigen Zeiten, fuer den ersten Gutthaeter dises heiligen Hauses gehalten zuwerden, unnd ist eben umb dieselbe Zeit zu hoehern Aemptern erhebt worden, massen er von Rudolpho Graffen von Habspurg, nunmehr zwoelffer Keyser Vatter und schon dazumahl Roemischem Keyser den Dalmatischen und Windischen Landen, ist vorgesetzt worden. Rudolphus, als noch Graff, hette newlich der Jungkfrawen Sohn ein Pferdt verehrt, fuer welches ihme die Jungkfraw ihr Haus, der Sonn das Roemische Reich (wie man wuenschet [9] und hofft) bisz ans End der Welt geschenckt und verordnet, dasz forthin die Roemische Adler solten in Oesterreich erzeugt werden, massen es dann schon bey vierdthalb hundert Jahren beschehen, jegliches Jahr der andaechtigen Beherbrigung desz heiligen Hauses in Oesterreichischen Landen jetzt schon belohnet mit hundert Jahren desz Keyserthumbs, wie dann im sechsten Monat nach dreyjaehriger Beharrung in obgemelten Windischen Landen bey Tersact ist das heilige Hausz in dem Jahr Christi 1294 den 28. November oder wie glaublicher den 10. Dezember in Welschland getragen worden in einen sehr ungehewren Wald der Statt Recanat, ob schon die Fraw dises Walds ihren Namen von den anmuetigen Lorberen hette und Laureta genant ware. Da ware zusehen die Lilgen under den Doernern unnd wie der Ceder desz Bergs Libani sich besprach- [10] te mit den Distlen desz Welschlands. Ja, es ware zusehen ein Paradeysz, in welchem nit ein boeser Engel mit einer nit vil bessern Jungkfraw, sondern ein guter Engel mit der Heiligisten, nit von der Welt Undergang, sonder von der Erloesung sich underredte. In beyden Paradeysen ist ein Adam und ein Eva die vornehmsten under allen Menschen Gott und ein Engel, ja auch der heilige Geist aber mit grossem Underschid.
Es laszt sich ansehen, als ob desz unmenschlichen Waldmanns (von dem der H. Hieronymus schreibt) Kinder unnd Kinds-Kinder in disem Wald vernommen hetten, dasz Gott auch fuer die Menschen seye Mensch worden, welche in etwas den wilden Thieren gleich seyen.
Es were, wie ich vermaine, das Heilige Hausz laenger an disem Orth verharret und stunde villeicht noch da, wann nit Gabriel beobachtet haette, dasz er all- [11] hier ein ungelegnern Platz erkisen, als er zu Nazareth verlassen hatte. Massen alldorten die Christen von den Tuercken, hie aber von den Christen gantz jaemmerlich ermordet worden. Weil er dann sehen mueszte, dasz die Pilgramen den Todt fanden, wo sie das Leben gesucht, hat er zu dem dritten mal das Kirchlein in ein schoenes Feld auff ein kleines Buehelein vertragen. Aber gleich wie in dem Wald kein Sicherheit gewesen under den unmenschlichen Moerdern, also ist auff disem Buehelein auch so gar die bruederliche Lieb nit gefunden worden, dann in deme die zween Brueder (als Grundtherren) das geopfferte Gelt unrecht der Kirchen entzogen unnd noch ungerechter miteinander gethailet, hat es wenig gefehlet, dasz nit ein Bruder-Mord were erfolget. Deszwegen dann Gabriel auch ab disem Orth ein Verdrusz empfunden und das Kirchlein zum [12] vierdtenmal erhebt und auff die offne Landtstrasz nidegelassen, auff dasz alle Welt dises Schatzes geniessen koendte, an deme zuvor nit zween sich begnuegen wolten. Hier stehet es noch heutiges Tags an Wunderwercken koestlicher als an Stainen, weilen GOtt sein Behausung noch bewohnet.
Eins ist, das ich (so vil mir bewuszt) vor andern nit ohne Geheimbnusz vermercket, dasz fast eben so weit seye von Loret nach Rom (allwo die Krippen JEsu auffbehalten wird) als weit ist von Nazareth nach Bethlehem.
a) Von den Geheimbnussen, so in disem H. Hausz geschehen, hat man ausz der Bulla Julij II., dasz die Mutter Gottes darinne seye empfangen und erzogen, darinn sey vom Erz-Engel Gabriel gegrueszt worden und habe von dem heiligen Geist empfangen, JEsum darinn gesaeugt und aufferzogen. Dasz [13] die H. Apostel dises Haus zu der ersten Kirchen geweyhet und darinn die erste Mesz gehalten. Die heilige Helena hat umb das Jahr Christi 380 ein grosse unnd koestliche Kirchen darueber gebawt, wie zulesen bey Niceph. lib. 9. cap. 8. Es hat dises heilige Hausz besucht die heilige Paula, wie der heilige Hieronymus schreibt. Umb das Jahr Christi 1100 hat Tancredus Hertzog in Normandien Koenigliche Verehrung gethan, wie Wilhelmus Tyrius lib. 5 schreibt. Iacobus de Vitriaco Cardinal unnd Patriarch zu Jerusalem in Beschreibung desz Heiligen Lands vermeldet, er habe mehrmalen am Fest der Verkuendigung Mariae in disem heiligen Hausz Mesz gehalten. Im Jahr 1245, als der heilige Ludwig Koenig in Franckreich dises heiligen Hauses ansichtig worden, ist er einen weiten Weeg zuvor von dem Pferdt abgesessen und zu Fuesz hinein gangen. [14] Auch am Fest der Verkuendigung nach vorgehender Fasten in Wasser unnd Brodt, beklaidet mit einem haerinen Sack, darinn dem gesungnen Ampt der heiligen Mesz beygewohnet unnd darunder communiciert, wie vermeldet Clitoveus bey Silvio Serraglio.
(b) Mit dem Hausz ist ankommen das geschnitzlete Maria Bild, das gemahlte Crucifix, beyde von S. Luca verfertiget. Auch etliche irrdine Schalen, welche die Mutter GOttes solle gebraucht haben. Das Dach von Holtz ward von innen gantz blaw angestrichen unnd mit vergulten Sternen versetzt. Hatte dazumal nur ein Thuer, deren Anzeigen noch heut verhanden, welche Julius II. erfuellen lassen mit den Stainen, so man von den zwo newen Thueren genommen. Der Altar, so jetzt in der Mitte steht, ware zuvor auff der Seiten. Das Crucifix, so jetzt ob dem Fenster stehet, ware zu- [15] vor auff dem Altar gegen der alten Thuer uber. Besitze Turselinum.
(c) R. P. F. Franciscus Quaresemius desz Ordens desz heiligen Francisci l. 7 peregr. 3. c. 3. elucid. Terrae sancte erzehlet weitlaeuffig, wie erst widerumb auff ein newes zu unsern Zeiten die ersten Fundament entdeckt und gefunden.






